Recherche, cancer et consentement du patient : il y a encore du travail !!!....

Publié le par C Bohec

Le site de l'INCa met en exergue une étude très intéressante menée par le CRLCC de Marseille et publiée  dans le Journal of the National Cancer Institute.

La plupart des traitements du cancer impliquent, à un moment ou un autre, le prélèvement d’un échantillon biologique (tissus, cellules, sang, …). Une partie de cet échantillon est utilisée au bénéfice du patient pour orienter les soins de son cancer. Souvent, il demeure une partie résiduelle qui peut ultérieurement servir à d’autres fins, notamment à la recherche scientifique. Cette conservation nécessite information et consentement éclairé du patient. Mais ont-ils bien compris (ou plutôt leur a-t-on bien expliqué ?), 6 mois après qu'en ont-ils comme souvenirs ?

L'étude a été menée auprès de 574 patients entre janvier 2007 et août 2008 et à qui on avait demandé l'autorisation de conserver à des fins de recherche des prélèvements tissulaires. Il leur a été demandé en février 2009  leur opinion sur le type de consentement qui leur avait été soumis quelque mois plus tôt.

268 patients  ont déclaré avoir eu en main le formulaire de consentement et 143 ne pas l'avoir eu en main, ni rempli, ni donné leur accord.

213  se souvenaient l'avoir signé en donnant leur accord;

2  avaient refusé leur consentement

La majorité des autres patients ne se souvenaient pas avoir eu le formulaire en main.

 

Or, sur les 213 patients  qui déclaraient avoir signé le “consentants”, seuls 131 l'avaient réellement fait  et 88 d'entre eux  n’avaient pas compris que, ce faisant, ils avaient donné leur accord pour que les chercheurs accèdent à leur dossier médical.

Sur les 143 patients ayant déclaré n’avoir jamais eu le formulaire en main 45 l’avaient en fait signé...

 

Se posent  donc clairement plusieurs questions : à quel moment faire cette information et soumettre le formulaire ? avant l'intervention ? en fin de traitement ?,  Comment améliorer la qualité et la compréhension de l'information donnée ?

En conclusion, les auteurs écrivent qu’il est nécessaire d’“améliorer la qualité de l’information fournie aux patients (sic) pour leur permettre de jouer un rôle actif dans le processus de prise de décision et s’assurer que ceux qui donnent leur accord pour un usage de leurs tissus et de leurs données médicales à des fins de recherche soient satisfaits de la procédure et aient réellement donné leur consentement éclairé. ”

 

Télécharger l'abstract de l'étude (in english)

Voir le résumé sur le site de l'INCa

 

Si cette étude s'est penchée sur le consentement patient à la conservation tissulaire à des fins de recherche on peut également se poser les mêmes questions quand il s'agit de consentement éclairé en cas de recherche et d'essais cliniques, ou quand il s'agit d 'informer un patient et de recueillir son consentement à l'ouverture d'un DMP (dossier médical personnel)  ou d'un DCC (dossier communicant de cancérologie).

Ce n'est pas anodin si l'ASIPqui devait élaborer un guide sur le recueil du consentement patient dans le cadre du DMP annoncé fin 2009 puis à la rentrée 2010  ne l'a toujours pas sorti alors que le DMP est opérationnel depuis le 5 janvier 2011.....

Voir le communiqué du comité d'éthique de l'ASIP datant de bientôt 8 mois

 

 

 

 

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