Nutrition et cancer : quelles recommandations ?

Publié le par C Bohec

NUTCANAlors que de plus en plus d'ouvrages fleurissent sur les "aliments anti-cancer" l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) publie un rapport intitulé « Nutrition et cancer – Légitimité de recommandations nutritionnelles dans le cadre de la prévention des cancers ».  Ce rapport précise les niveaux de preuve scientifique établis pour différents facteurs nutritionnels pouvant intervenir dans la prévention des cancers, et formule plusieurs recommandations : en faveur d'une alimentation variée et qui prônent la mesure vis-à-vis de certains aliments.  Il met en évidence qu'il n'existe pas d'aliment ou de nutriment « anticancer » en soi.

Le travail d'expertise scientifique identifie huit facteurs nutritionnels ayant un effet convaincant ou probable sur le risque de cancer, faisant l'objet de recommandations nutritionnelles sont pertinents pour la population française.

Parmis lesquels les classiques :

  • réduire la consommation des boissons alcoolisées ;
  • promouvoir une alimentation équilibrée et diversifiée ;
  • promouvoir la pratique d’activité physique.

Il analyse plus précisément les aliments qu'ils convient de limiter :

  • les boissons alcoolisées : le niveau de preuve est convaincant pour plusieurs cancers  (bouche, pharynx, larynx, oesophage, côlon-rectum chez l’homme, sein), dont certains sont fréquents (côlon-rectum, sein) et probable pour le cancer du foie et celui du côlon-rectum (chez la femme) ; l’effet est marqué pour les cancers de la bouche, du pharynx, du larynx et de l’oesophage ;

 

  • le surpoids et l’obésité : le niveau de preuve est convaincant pour plusieurs cancers (oesophage, endomètre, rein, côlon-rectum, pancréas, sein après la ménopause) dont certains  sont fréquents (côlon-rectum et sein) ; l’effet est modéré pour ces cancers et l’exposition de la population est élevée ;

 

  • les viandes rouges et charcuteries : le niveau de preuve est convaincant pour le cancer colorectal, cancer fréquent ; l’effet est modéré pour ce cancer et l’exposition est élevée dans une partie de la population ;

 

  • le sel et les aliments salés : le niveau de preuve est jugé probable pour le cancer de l’estomac et l’exposition est élevée dans une partie de la population ;

 

  • les compléments alimentaires à base de β-carotène : le niveau de preuve est convaincant pour le cancer du poumon chez les fumeurs. 

En deux mots : s'il n'existe pas d'aliments anti-cancer d'efficacité prouvée, la maitrise de son alimentation peut permettre dans une certaine mesure d'améliorer la prévention des cancers : attention banir les compléments à base de β-carotène en espérant prévenir le cancer du poumon ne sert à rien si par ailleurs on est fumeur

 

En savoir plus sur le site de l'ANSES

Publié dans Epidémiologie

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