Cancer : des survies qui s'améliorent mais varient fortement selon les cas

Publié le par C Bohec

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Après le rapport de 2007 et pour la seconde fois le réseau des registres des cancers Francim, le service de biostatistique des Hospices Civils de Lyon (HCL), l’Institut de veille sanitaire (INVS) et l’INCa font le point sur la survie des personnes atteintes de cancer en France. Ce second rapport permet donc une analyse avec le bénéfice d'un recul plus important  et le calcul attendu de la survie à 10 ans  pour 47 localisations de cancer, selon le sexe et la période de diagnostic.

 

Cette étude porte sur tous patient(e)s atteint(e)s de nouveaux cas de cancer diagnostiqués entre 1989 et 2007 chez les patients de plus de 15 ans et recensés dans les 12  registres participants à l’étude  soit 427 000 personnes.

La méthodologie des indicateurs retenus est expliquée et est à lire pour interpréter correctement cet énorme travail : il est question ici de survie nette c'est à dire  la survie que l’on observerait si la seule cause de décès des patients atteints de cancer était le cancer.

 

Les principaux enseignements

 

Des variations selon les localisations

L'étude confirme que les taux de survie varient énormément selon les localisations : on sait depuis longtemps et il se confirme sans surprise ici qu'il existe des cancers de bon pronostic et d'autres au pronostic redoutable. Les variations de survie des patients de 1 à 93% selon les localisations sont des éléments objectifs de cet état de fait.

Des variations selon les sexes

Les hommes sont plus fréquemment atteints de cancers de moins bon pronostic : cancers du poumon, oesophage, foie, hypopharynx, mésothéliomes, certaines tumeurs cérébrales). Ces cancers de mauvais pronostic se retrouvent dans 40% des localisations tumorales chez l'homme et seulement 16% (si on peut dire) chez les femmes. A noter que le taux de cancer du poumon progresse actuellement fortement chez les femmes (corrélé avec l'augmentation de la consommation de tabac)

Des survies en progression dans la plupart des cas

L'INCa et l'INVS attribuent les progrès de survie dans les cas de cancer de la prostate, du sein et du colon au dépistage individuel par PSA pour le premier (ce qui est particulièrement étonnant au regard des publications et recommandations nationales), aux dépistages organisés pour les deux autres (l'institut s'est toujours positionné sans réserves pour le dépistage du cancer du sein mais demandant récemment à mieux informer les patientes) et enfin par l'amélioration des prises en charges.

Malgré les progrès de la survie mis en évidence pour de nombreux cancers, il reste toutefois des cancers de mauvais pronostic en particulier comme le souligne l'INCa le cas des cancers associés au tabac et à l’alcool (cancers du poumon, des voies aéro-digestives supérieures) sur lesquels doivent porter les efforts de prévention.

Télécharger l'ensemble des résultats

icon Accéder au rapport (5.41 MB)

 

Publié dans Epidémiologie

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