Les cancers et la chimiothérapie : si on faisait le point ?

Publié le par C Bohec

Les cancers et la chimiothérapie : si on faisait le point ?

L’Institut national du cancer publie son rapport annuel sur la situation de la chimiothérapie des cancers. Il présente les données 2013 d’activité hospitalière en cancérologie pour la chimiothérapie (court séjour en médecine chirurgie obstétrique [MCO], hospitalisation à domicile et soins de suite et réadaptation [SSR], hospitalisation à domicile [HAD]). Il présente également les dépenses liées aux médicaments anticancéreux dit "onéreux" en établissements de santé ainsi que les données de remboursements des anticancéreux en ville.

La pratique de la chimiothérapie en cancérologie évolue : plus d'ambulatoire moins d'hospitalisation complète.

Ce sont près de 2 500 000 hospitalisations mentionnant une chimiothérapie qui ont été réalisées dans les établissements de santé qu'ils soient publics ou privés. 90% lors de séances c'est à dire des venues sur quelques heures (<24h). Entre 2012 et 2013 le nombre de séances s’accroît de 3,3 % à l'inverse le nombre de séjours (hospitalisations d'au moins une nuit) est en recul de 2,7 %.

La pose de "poches" de chimiothérapie en hospitalisation à domicile reste marginale. Il est probable que le développement de chimiothérapie per os (c'est à dire qui se prennent par la bouche) ne fera que renforcer cet état de fait.

Tendance constante depuis quelques années : une séance sur cinq concerne une personne âgée de 75 ans ou plus.

Les types de cancers et la chimiothérapie

Cinq types de cancer cumulent près de 87 % des séjours et des séances pour/avec chimiothérapie :
les cancers de l’appareil digestif : 26,7 % (663 797 séjours ou séances) ;
les cancers du sein : 21,9 % (544 060 séjours ou séances) ;
les cancers hématologiques : 18,3 % (454 079 séjours ou séances) (+ 11 % depuis 2011);
les cancers de l’appareil respiratoire : 12,6 % (314 152 séjours ou séances) ;
et les cancers gynécologiques : 7,0 % (174 452 séjours ou séances) (+ 18 % depuis 2011).

Depuis quelques années, le nombre de personnes traitées par chimiothérapie croît plus vite que le nombre de nouveaux cas de cancers. Pour l'Institut National du cancer cela est dû à l'élargissement des indications de chimiothérapie, au fait que l'on donne des chimiothérapies plus longtemps et qu'on constate une augmentation du nombre de lignes de traitements proposés (traitements des stades avancés/métastatiques de la maladie).

Des dépenses de plusieurs milliards par an

Les dépenses d’hospitalisation (séjours et séances) s’élèvent à 1,754 milliard d’euros, en hausse de 5,5 % par rapport à 2012.

En 2013, le montant total de la liste en sus(*) pour les établissements des secteurs privé et public confondus a représenté 2,76 milliards d’euros, dont 53,5 % sont pour les médicaments anticancéreux (soit 1,48 milliards d’euros).

La répartition des variations de dépenses s’est faite ainsi : thérapies ciblées (+5,2 %, à noter qu’au sein de cette classe les anticancéreux immunomodulateurs ont vu leurs dépenses réduites de 65 %), cytotoxiques (+8,9 %) et autres anticancéreux (+16,3 %).

Les dépenses liées aux molécules anticancéreuses de la liste en sus des GHS restent concentrées sur très peu de molécules. Dix molécules de la liste en sus se partagent près d'un milliard d’euros, soit 88,6 % des dépenses totales de cette liste.

Les établissements de santé prescrivent également les traitements qui sont délivrés en ville : en 2013 le montant c'est élevé à près de 900 millions d’euros pour les anticancéreux. Ce chiffre est en hausse de 14,1 % par rapport à 2012 (770 millions d’euros). Les thérapies per os représentent environ 86 % des dépenses, dont 63 % pour des thérapies ciblées.


(*) Liste "fermée", mise à jour plusieurs fois par an,des chimiothérapies ou médicaments anticancéreux innovants et couteux entièrement remboursés aux établissements de santé sinon ils ne pourraient pas les financer sur les seuls prix des séjours ou des séances

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