Prothèses mammaires et lymphomes : l'Institut National du Cancer calme le jeux

Publié le par C Bohec

Le contexte

On estimait en 2014 à 400 000 le nombre de femmes portant des prothèses mammaires en France. Dans le cadre de la matériovigilance (suivi annuel des événements indésirables liés au port de ces implants mené depuis 2010), l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a vu émerger chez 18 femmes porteuses de prothèses mammaires des cas de lymphomes anaplasiques à grandes cellules (LAGC) situés au niveau du sein et confirmés par le réseau anatomopathologique national de référence LYMPHOPATH. Cette émergence relayée récemment par les média suscite depuis peu pas mal d'émois.

Or il s’agit d’un type très rare de lymphome non hodgkinien puisque à ce jour 173 cas sont recensés dans le monde, dont d’autres pays européens, selon une étude américaine de 2014.

Cette pathologie peut survenir chez des femmes ayant eu une prothèse mammaire que ce soit à visée esthétique ou dans le cadre d’une reconstruction mammaire après un cancer du sein.

Le LAGC peut se manifester sans signes de rupture et donc apparaitre sur des prothèses intactes. Il survient majoritairement sur prothèse macro-texturée (non lisse).

Il est à noter qu’actuellement aucun lien statistique n’a pu être établi entre une marque particulière de prothèse et la survenue de LAGC.

La France a une démarche proactive et de nombreuses actions ont été mises en œuvre depuis 2011 et mis en place un des meilleurs dispositifs de recueil et de suivi des LAGC en Europe et dans le monde comme le souligne à raison le communiqué de presse ci dessous.

Les recommandations

Le suivi des femmes porteuses de prothèses mammaire a été confirmé le 4 mars 2015 par un groupe national d’experts réunit par l’Institut National du Cancer (INCa).

En l’absence d’anomalies le suivi des femmes porteuses de prothèses doit être le même que celui recommandé pour toutes les femmes :

  • Toutes les femmes doivent bénéficier d’une palpation des seins par leur médecin ou par une sage-femme tous les ans à partir de 25 ans.
  • A partir de 50 ans, il est recommandé de faire une mammographie tous les deux ans sauf risques aggravés qui ont un suivi particulier.
  • Il n’est pas recommandé de proposer une explantation à visée préventive vis-à-vis du risque de LAGC aux femmes porteuses de prothèses mammaires.

En cas d’anomalies au niveau du sein : épanchement abondant, augmentation du volume, de douleur, d’inflammation etc… survenant à distance de l’opération pour la pose des prothèses :

  • la femme doit consulter son médecin.
  • Il est recommandé de pratiquer une échographie. Si cet examen n’est pas suffisant, une IRM est préconisée en 2ième intention.

En conclusion selon le ministère de la santé et l’institut du cancer :

Il n’est pas recommandé de proposer une explantation préventive vis-à-vis du risque de LAGC aux femmes porteuses de prothèses mammaires. Les seuls éléments objectifs justifiant l’explantation d’une prothèse mammaire sont la présence de signes cliniques et/ou radiologiques évocateurs d’une altération. Seul le chirurgien peut juger de cette nécessité devant des signes anormaux au niveau des seins.

En savoir plus

sur le site de l’Institut National du cancer

Lire l'avis d’experts sur les lymphomes anaplasiques à grandes cellules associés à un implant mammaire (797.13 KB)

Intervention de Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes. Lymphome anaplasique à grandes cellules associé à des implants mammaires- Mardi 17 mars 2015 (415.45 KB)

Communiqué de presse du Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes. - 17 mars 2015 (97.27 KB)

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Commenter cet article

Thomas 19/03/2015 14:02

Cet article est rassurant et rappelle quelques règles de bonne conduite aux femmes. C'est déroutant de voir que les médias dramatisent des faits comme celui-ci.